Les poppys et moi

« Non non rien n’a changé, tout tout va continuer » ou le mythe de la jeunesse éternelle?  

L’amour sans fin, semblable à un continuum angélique et merveilleux, ou une jeunesse omnisciente et omnipotente, porteuse d’espoirs et de remèdes aux maux du monde moderne. La gaieté, la danse, les romances, la beauté et l’enthousiasme, tous ces ingrédients qui font d’une société un monde plus beau et plus humain. Une vie de plaisirs et de désirs, la liberté d’un instant pour l’éternité. Non non rien n’a changé, les barricades dressées fièrement dans les rues du quartier latin sont toujours présentes dans nos cœurs. Mais les traces de sang que l’on trouve ça et là ne sont pourtant plus celles des manifestants anarchistes. L’ordre établit n’est plus et la victoire sur un monde par trop austère, régenté, a laissé grande ouverte l’avenue aux autorisés de tous bords, surtout du bord de la périphérie. Non rien a changé si ce n’est qu’on n’interdit plus mais demeurons interdits. L’interdit est beau en ce qu’il permet la transgression, il place l’homme face à ses limites et le met en position de les dépasser, de s’en affranchir tout en prenant garde de conserver sa liberté. Cela demande un certain panache de braver les interdits, il faut du courage et de l’imagination en ce que la sentence implique privation de son autonomie, de sa souveraineté… Hourra aux Arsène Lupin modernes, les gentlemen cambrioleurs de notre temps, les W, B ou encore C, Messieurs vous avez toute mon estime et pourtant je ne vous nomme pas, je ne souhaite pas m’impliquer!  

L’ordre des choses nous invite à l’émerveillement lorsqu’il s’affranchit des lois de la nature, il n’y a pas de liberté sans règles. Les grands penseurs s’affranchissaient d’un milieu social, d’un carcan intellectuel, d’un mode de pensée et savaient mettre leur érudition au service d’une juste cause hors de toute trajectoire attendue…  

Les enfants égarés de la Vème république sont malades de l’absence de repères et sont prisonniers d’un carcan libertaire dont ils n’ont pas encore trouvé les moyens de s’extirper. Ils sont drogués aux frissons éphémères des plaisirs artificiels, ils s’abreuvent d’émotions pauvres et immédiates et n’empruntent que les sentiers menant aux succès rapides. L’issue du dilemme auquel doit faire face la jeunesse en souffrance paraît compromise. Car il semblerait que le seul moyen de faire face à ce nouvel enjeux réside dans une prise en charge totale de sa personne, de son libre-arbitre et dans la résistance aux entreprises faciles et peu impliquantes. Il ne s’agit pas de fustiger les émissions de grande consommation et autres télé réalité proposant la gloire de l’apparence comme summum de l’aboutissement, mais plus de regretter la mise en avant des mauvais élèves comme seules portes paroles des défavorisés. Personne ne parle de cet étudiant de la rue St Guillaume entrée par la grande porte dans l’institut et qui repassait ses leçons dans sa chambre de bonne, sans chauffage, payée à coup d’heures sup’ chez Mc Do!  

Non non rien a changé tout tout va continuer mais pour quoi, quand, comment? sais pas et toi? 

 

Laisser un commentaire